Le mardi 22 septembre 2026, les élèves de terminales de l’enseignement optionnel Arts Plastiques se sont rendus à la Fondation Pernod Ricard pour l’exposition collective intitulée « Over The top, Undercover » curatée par Salomé Burstein.
Les œuvres de Jonathan Martin, Rosa Moreno et Clémence de La Tour du Pin travaillent avec ce qui conditionne notre perception de spectateur.
L’exposition fait apparaître les paradigmes du maquillage, où ce qu’on rehausse dépend aussi de ce qu’on cherche à estomper. Les artistes questionnent ainsi ce que les mises en scène camouflent, ce qu’elles expriment de manière sous-jacente – les mécanismes de l’inconscient, les rêves, les obsessions- tout ce qui peut perturber l’apparente tranquillité de l’existence.
Au travers de films, de pièces sonores, d’éditions, Jonathan Martin restructure notre point de vue face aux objets du quotidien dans une sorte d’implosion où la structure narrative se délite tout comme le langage qu’il restructure. Son film In my bag (2026), est construit à l’aide d’une caméra qui capture des images depuis l’intérieur d’un sac à main, comme si le propriétaire avait oublié de l’éteindre. Le spectateur adopte en même temps le point de vue de l’objet, comme s’il était conscient et celui extérieur de l’observateur.
Au moyen d’anamorphoses, de stratifications, Clémence de La Tour du Pin compose des assemblages où la matière se condense, parfois se fracture ; où les éléments s’accumulent en textures. La répétition des motifs et la transformation des matières sont importantes dans son travail. Certaines des œuvres de l’exposition, notamment les trois Untitled (2025), sont réalisées à partir de baleines de parapluie issus de pièces antérieures, recomposées sur des surfaces constituées de plusieurs couches dont des apprêts de craie et poudre de marbre, gomme-laque, peinture à l’huile, pigments et soie. Elle précise : « Mes pièces ont été conçues comme une forme de paysage.»
Rosa Moreno par des jeux de distorsions optiques et de collage confectionne des mondes à l’esthétique double où se mêle burlesque et glamour via des structures-boites ou des mannequins-robots comme la série de sculptures Pinnochia Tales. Ces formes hybrides entre féminin et machine se moquent radicalement des normes esthétisantes affichant un look débridé à l’extrême, habillées d’objets trouvés elles s’affichent triomphantes pour mieux révéler les représentations du pouvoir. Quant aux sculptures-boites, elles laissent apparaitre leurs intérieurs, leurs sutures, leurs revers. Elles jouent sur la tension entre extérieur et intérieur, conscient et inconscient.
Pour la traduction du titre :
• Over the top : Exagéré, excessif, exubérant, « too much », en faire des tonnes.
• Undercover : Infiltré, sous couverture (pour un agent, une mission ou une opération secrète)
« Over The Top, Undercover » relève donc d’une forme d’espionnage inspectant ce qui se trame au-delà des formes et des apparences. Ces revers que les élèves ont cherché à comprendre dans ce White Cube*structuré pour l’exposition par la Fondation où les œuvres se donnent à voir sans cartel pour inviter le spectateur à laisser libre court à toutes formes d’interprétations.
* Le cube blanc, en anglais white cube, est, pour la muséologie, un type d’espace d’exposition qui a la forme d’une grande enceinte aux murs blancs
Merci à leur professeur Nadine Averink de les avoir accompagnés.
